21/06/2013

Les aberrations des PLQ

Les procédures actuelles de PLQ laissent fortement à désirer : des techniciens conçoivent des plans (bien entendu sans aucune concertation avec la population) ; comme rien ni personne n'est parfait, ces plans sont perfectibles ; mais il est quasi impossible dans notre République de parvenir à faire corriger les aberrations des PLQ. En voici un exemple. 

Le projet de PLQ pour la gare des Eaux-Vives ne prévoit qu'un parking souterrain pour les habitants (celui de la rue Viollier), l'autre parking souterrain (à l'avenue de la Gare-des-Eaux-Vives) étant réservé aux employés et clients des commerces - à propos, qu’est-il prévu pour les usagers de la future Comédie qui sera construite à cet endroit?

Cela ne fait absolument aucun sens pour les habitants des immeubles existants en bordure sud du périmètre (à qui le projet de PLQ fait déjà perdre toutes les 265 places de stationnement actuelles sur l’avenue de la Gare-des-Eaux-Vives et la rue de Savoie).  En effet, ceux-ci devraient ainsi, après avoir déchargé des personnes à mobilité réduite, enfants ou objets lourds devant chez eux, reprendre leur véhicule pour parcourir environ 1 km. supplémentaire (par la rue de Savoie, puis la route de Chêne, l'avenue Pictet-de-Rochemont, la route de Frontenex et la rue Viollier), pour aller se garer dans le parking souterrain "habitants" (même si celui-ci n’est qu’à 150 m. de chez eux à vol d’oiseau) ; puis aller rechercher leur véhicule dans ledit parking et re-parcourir ce km. en sens inverse pour (re)charger les personnes à mobilité réduite, enfants, objets lourds.  Obliger les habitants à un tel parcours n'est ni rationnel ni écologique, mais véritablement ubuesque !

Malgré les observations des habitants du quartier de la Gare-des-Eaux-Vives lors de la procédure d'enquête publique sur le projet de PLQ, l'administration cantonale et la Ville (dont le Conseil municipal avait pourtant été informé) démontrent hélas un mépris total des intérêts légitimes des habitants du quartier.  Voire la volonté d’avantager de façon scandaleuse les futurs locataires de la Ville et de l’Etat dans les nouveaux blocs d’immeubles (qui habiteront juste au-dessus du parking souterrain de la rue Viollier) au détriment des habitants et usagers des autres immeubles pré-existants dans le quartier!

En conséquence, les autorités doivent absolument corriger ce PLQ pour affecter aux habitants des immeubles actuels du quartier des places dans le futur parking souterrain de l'avenue de la Gare-des-Eaux-Vives, et ce en suffisance afin de compenser les 265 places de stationnement supprimées en surface au sud de la tranchée du CEVA (ce que la Loi genevoise d’application de la législation fédérale sur la circulation routière exige d'ailleurs).

00:00 Publié dans Développement durable, Genève, Politique, Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

Commentaires

Pour laisser libre cours au métier des architectes, un PLQ devrait se limiter à fixer un programme d'occupation; des densités d'habitation, nombre de logements, activités si nécessaire, équipements publics, restrictions éventuelles (hauteurs, distances).
C'est à l'habileté, l'expérience, la sensibilité de l'architecte de lui donner une forme adaptée au lieu - beaucoup mieux que par un quelconque
employé à tracer des barres standard sur son pensum.

Écrit par : CUENOD François | 22/06/2013

L'amenagement d'un nouvel espace comme les gares du CEVA requiert une certaine hauteur de vue afin de pouvoir intégrer par la suite des éléments indispensable aux multiples fonctions d'un tel espace. Il n'est pas acceptable que des besoins essentiels des habitants qui sont déjà là ne puissent être pris en compte sous prétexte que tout a déjà été planifié et qu'il n'y a plus de discussion possible encore moins de concertation.

Écrit par : NICOLE Laurent | 26/06/2013

L'amenagement d'un nouvel espace comme les gares du CEVA requiert une certaine hauteur de vue afin de pouvoir intégrer par la suite des éléments indispensable aux multiples fonctions d'un tel espace. Il n'est pas acceptable que des besoins essentiels des habitants qui sont déjà là ne puissent être pris en compte sous prétexte que tout a déjà été planifié et qu'il n'y a plus de discussion possible encore moins de concertation.

Écrit par : NICOLE Laurent | 26/06/2013

La difficulté de stationner semblerait être, au pire, tant cela ne peut se comprendre autrement, une mesure implicite ayant pour but de décourager l'usage de l'automobile.

Ainsi, il y aurait dans cette hypothèse, au-delà d'une gestion très autoritaire du projet de la Gare des Eaux-Vives, sans aucune véritable concertation avec la population voisine ni prise en compte de remarques pourtant constructives des usagers, une certitude bien établie (voire pire) qui reste à démontrer.

En attendant une certitude (facile à démontrer!) s'installe parmi le commun des mortels (piétons, automobilistes et autres victimes consentantes et peu innocentes, rétives à comprendre le Bien de la supression des parkings) du déni des difficultés réelles des habitants du quartier et d'un mépris digne des grandes idéologues libérateurs et (pourtant) très autoritaires du XXème siècle.

Les trams bondés aux heures de pointe et le parcours du piéton battant pour changer de lignes quasi obligatoirement grâce au nouveau réseau des TPG, les dangers courus par les cyclistes et piétons actuellement autour du chantier CEVA presque plus terribles (car cela serait possible) que ceux brillamment créés à la place Cornavin, et tant d'autres améliorations du même acabit semblent annoncer des lendemains qui chantent encore mieux et plus!

Le sens du ridicule aurait échappé à certains grands urbanistes. Car il y en aurait là. Et du sens, et du ridicule, et des urbanistes. Peut-on en rire?

Autant par le manque total d'enquête auprès de la population que par ses effets dévastateurs actuels le projet semble nous y aider. De cette manière le manque de places de parking proclamé et si bien justifié, ne semble être que la pointe de l'iceberg des problèmes à venir.

Titanesque ou Titanic, dévastateur ou suicidaire, à choisir, ce projet sans attention...glace.

Écrit par : Michel Bernheim | 29/06/2013

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