26/11/2009

Il faut voter en faveur du CEVA !

Lors du lancement du métro M2 lausannois, en septembre 2008, nous rappelions sur ce blog que Genève pouvait être fière d'avoir aussi un beau projet d'infrastructure : le CEVA (liaison Cornavin - Eaux-Vives - Annemasse).  En effet, le raccordement entre la Gare-Cornavin et la Gare-des-Eaux-Vives - projet qui date de la fin du XIXe siècle (l'immeuble construit en biseau sur la route de Chêne dans le prolongement de la Gare-des-Eaux-Vives en est l'illustration) - semblait enfin acquis. 

 

Las, c'était sans compter sur la détermination de certains opposants au CEVA, qui ont usé du moyen du référendum contre un crédit complémentaire de 113 millions de francs voté par le Grand Conseil, pour tenter de couler le projet dans son ensemble.

 

En effet, formellement, la votation du 29 novembre prochain ne porte pas sur le CEVA lui-même, mais sur une rallonge budgétaire de 7,5% exigée par la Confédération afin d'améliorer le projet sous l'angle de la sécurité et des mesures anti-bruit.  Ainsi, ce crédit complémentaire est dans l'intérêt des Genevois.  

 

En outre, sur la totalité du coût du projet, la Confédération paiera au moins 550 millions et les autorités françaises participeront à hauteur de 200 millions de francs.  En d'autres termes, Genève devra financer moins de la moitié du coût du CEVA.  

 

Les opposants avancent l'option dite du "barreau sud".  Mais, cette option serait infiniment moins utile aux Genevois, car ce tracé ne dessert pas la ville de Genève.  En outre, les autorités françaises n'acceptent pas de financer cette option, qui ferait arriver le train au pied du Salève, à l’écart des agglomérations françaises, et n'améliorerait pas les conditions de circulation en France.  Le "barreau sud" ne constitue donc pas une véritable alternative au CEVA.  Par ailleurs, la Confédération ne participerait dans ce cas qu'à hauteur de 40% du coût total. 

 

Le CEVA non seulement reliera enfin les réseaux ferrés CFF et SNCF du sud du lac, mais il servira aussi, d'une part, de moyen de déplacement rapide entre divers quartiers de la ville de Genève et, d'autre part, de RER pour la région franco-valdo-genevoise.  Le CEVA améliorera donc la mobilité des Genevois, absorbera une partie des usagers de la route qui embouteillent nos artères et rendra les transports plus rapides !  Que ceux qui auraient des doutes sur l'utilité d'un tel RER essayent donc de monter dans le tram, à l'arrêt "Amandolier" (lignes TPG 12, 16 et 17), le matin aux heures de pointe quand le train d'Annemasse déverse ses centaines de pendulaires en Gare-des-Eaux-Vives !

 

Par ailleurs, la quasi totalité de l'infrastructure du CEVA entre La Praille et Annemasse sera en souterrain et donc le CEVA n'encombrera pas nos rues comme les TPG.  A noter que les travaux de construction se dérouleront aussi essentiellement en sous-sol. 

 

Vu le développement projeté de la population dans le bassin genevois (+ 25% en 2020), les problèmes de trafic, de bruit et de pollution seront considérables et auront des conséquences sur la qualité de vie de la population.  En comparaison de Zurich, qui depuis 20 ans jouit de son S-Bahn (sorte de RER), Genève a un énorme retard en matière d'infrastructures de transports publics performants.  Le rejet du CEVA ferait prendre à Genève un nouveau retard de 20 ou 30 ans.  

 

Enfin, la construction du CEVA constitue une chance - tout particulièrement en ces temps de crise économique - pour l'emploi à Genève et pour les entreprises genevoises, et donc aussi pour le fisc et les finances du canton.  Genève a besoin du CEVA, de l'ouverture et du développement que celui-ci engendrera pour la région genevoise.

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23/11/2009

Pour la participation citoyenne dans les projets urbains

Comme l'a bien montré D. Gaillard dans sa "Chronique d'une participation avortée" (Le Courrier, 27 octobre 2009), Genève n'a pas organisé de véritable participation citoyenne pour l'élaboration du projet de quartier sur le site d'Artamis. Cela constitue une occasion perdue de démocratiser, de mieux intégrer les membres de la collectivité dans la cité et de rendre plus efficace la réalisation d'un projet urbain.

 

Pourtant, en matière de planification et de construction urbaines, la participation citoyenne n'est pas une vaine théorie. Ainsi, notamment Zurich* a su éviter les blocages en élargissant le cercle des acteurs participant à la conception des projets : d'abord, les résidents et usagers, les riverains et les associations à but idéal sont invités à participer à la définition des lignes directrices relatives à une portion de territoire; des architectes et urbanistes élaborent ensuite des projets fondés sur ces lignes directrices; des experts sont alors chargés de les analyser et de recommander le meilleur projet; celui-ci est présenté aux personnes et associations intéressées, qui font part de leurs remarques; sur cette base, les autorités politiques rendent leurs décisions; enfin, lors de l'exécution du projet, l'administration informe sur le suivi des décisions prises et l'avancement des travaux.

 

Si cette procédure participative peut paraître lourde, trouver un large consensus est plus démocratique et plus efficace (en termes de temps et d'argent) que d'affronter des référendums et des recours sans même emporter le soutien actif, voire enthousiaste (cf. le projet du M2 à Lausanne), de la majorité des acteurs concernés.

 

Par ailleurs, Genève doit mobiliser les compétences, afin d'optimaliser la métropolisation de la région franco-valdo-genevoise. Il est donc grand temps que, comme les autres grandes villes, la République se dote, non seulement d'un conservateur du patrimoine bâti, mais aussi d'un architecte et d'un urbaniste cantonaux. Le rôle du conservateur cantonal est de sauvegarder et donc d'entretenir le patrimoine architectural. L'urbaniste cantonal est chargé de la réflexion prospective sur une urbanisation cohérente et durable, promouvant la mixité fonctionnelle et la diversité sociale qui sont nécessaires pour que se maintienne le lien citoyen. L'architecte cantonal est responsable de la promotion de nouveaux bâtiments de qualité, offrant des espaces de vie et de travail qui permettent une bonne sociabilité, tout en embellissant la cité. Ces fonctions aident à la décision politique et gèrent les projets, selon les étapes démocratiques décrites ci-dessus, par delà les termes des mandats des élus politiques.

 

Il faut que la Constituante rédige un projet novateur en la matière. Ainsi Genève aura les moyens de préparer le meilleur avenir urbain pour ses enfants dans le XXIe siècle.

 

 

* Voir "Learning from Zurich - Plan directeur, idées directrices", de P. Marti, J.-P. Schopfer et H. Taieb, in FACES, Journal d'architecture, No 65 "Réinventer Genève", page 36 et ss, hiver 2007 - 2008.

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