23/11/2009

Pour la participation citoyenne dans les projets urbains

Comme l'a bien montré D. Gaillard dans sa "Chronique d'une participation avortée" (Le Courrier, 27 octobre 2009), Genève n'a pas organisé de véritable participation citoyenne pour l'élaboration du projet de quartier sur le site d'Artamis. Cela constitue une occasion perdue de démocratiser, de mieux intégrer les membres de la collectivité dans la cité et de rendre plus efficace la réalisation d'un projet urbain.

 

Pourtant, en matière de planification et de construction urbaines, la participation citoyenne n'est pas une vaine théorie. Ainsi, notamment Zurich* a su éviter les blocages en élargissant le cercle des acteurs participant à la conception des projets : d'abord, les résidents et usagers, les riverains et les associations à but idéal sont invités à participer à la définition des lignes directrices relatives à une portion de territoire; des architectes et urbanistes élaborent ensuite des projets fondés sur ces lignes directrices; des experts sont alors chargés de les analyser et de recommander le meilleur projet; celui-ci est présenté aux personnes et associations intéressées, qui font part de leurs remarques; sur cette base, les autorités politiques rendent leurs décisions; enfin, lors de l'exécution du projet, l'administration informe sur le suivi des décisions prises et l'avancement des travaux.

 

Si cette procédure participative peut paraître lourde, trouver un large consensus est plus démocratique et plus efficace (en termes de temps et d'argent) que d'affronter des référendums et des recours sans même emporter le soutien actif, voire enthousiaste (cf. le projet du M2 à Lausanne), de la majorité des acteurs concernés.

 

Par ailleurs, Genève doit mobiliser les compétences, afin d'optimaliser la métropolisation de la région franco-valdo-genevoise. Il est donc grand temps que, comme les autres grandes villes, la République se dote, non seulement d'un conservateur du patrimoine bâti, mais aussi d'un architecte et d'un urbaniste cantonaux. Le rôle du conservateur cantonal est de sauvegarder et donc d'entretenir le patrimoine architectural. L'urbaniste cantonal est chargé de la réflexion prospective sur une urbanisation cohérente et durable, promouvant la mixité fonctionnelle et la diversité sociale qui sont nécessaires pour que se maintienne le lien citoyen. L'architecte cantonal est responsable de la promotion de nouveaux bâtiments de qualité, offrant des espaces de vie et de travail qui permettent une bonne sociabilité, tout en embellissant la cité. Ces fonctions aident à la décision politique et gèrent les projets, selon les étapes démocratiques décrites ci-dessus, par delà les termes des mandats des élus politiques.

 

Il faut que la Constituante rédige un projet novateur en la matière. Ainsi Genève aura les moyens de préparer le meilleur avenir urbain pour ses enfants dans le XXIe siècle.

 

 

* Voir "Learning from Zurich - Plan directeur, idées directrices", de P. Marti, J.-P. Schopfer et H. Taieb, in FACES, Journal d'architecture, No 65 "Réinventer Genève", page 36 et ss, hiver 2007 - 2008.

19:48 Publié dans Développement durable, Economie, Genève, Politique, Région, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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