22/09/2008

M2, CEVA et Constitution

Le métro lausannois M2 a été inauguré jeudi en grande pompe, après 15 ans d'études et de travaux. La presse romande en a fait sa une ces derniers jours - à juste titre ! Les Vaudois ont en effet réalisé un grand projet technologique : premier métro automatique de Suisse et dénivellation impressionnante (pente jusqu'à 12%), d'Ouchy jusqu'au nord de Lausanne. L'engouement populaire est au rendez-vous : la presse rapporte l'enthousiasme des premiers utilisateurs.

Genève a aussi un beau projet rassembleur : la liaison ferroviaire Cornavin – Eaux-Vives – Annemasse (CEVA). Les Genevois attendent depuis plus d'un siècle la liaison ferroviaire entre la Gare-Cornavin et la Gare-des-Eaux-Vives. Le projet CEVA vise à construire ce "chaînon manquant", par une voie ferrée souterraine entre La Praille et la Gare-des-Eaux-Vives, et ainsi à relier les réseaux ferroviaires CFF et SNCF d'une manière cohérente dans notre région.

Il faut savoir que, chaque jour, un demi-million de personnes entrent ou sortent de notre Canton. Le développement de la population dans le bassin genevois est exponentiel : 500'000 en 1980, 720'000 en 2000, avec des projections à 900'000 en 2010 et à 1'100'000 en 2020 (soit au moins 30% d'augmentation). Cette réalité engendre déjà des problèmes de trafic importants, qui d'ici 2020 deviendront de véritables défis à la mobilité et auront un impact sur la qualité de vie de la population. Il faut à l'évidence développer nos infrastructures de transports publics au niveau régional pour faire en sorte que l'offre de services en soit performante. Des statistiques françaises (cf. Le Monde du 17 septembre) montrent que les usagers de la route passent aux transports publics pour des raisons de (i) rapidité du transport, (ii) coût de la voiture (prix de l'essence, coût du stationnement, sanction des violations des règles de la circulation), (iii) moindre stress et (iv) problèmes de parking.

A l'horizon 2012-2015, le CEVA permettra de relier Cornavin aux Eaux-Vives par le train en 9 minutes. Genève sera dès lors au centre d'un véritable réseau de transport public fluide, au lieu de constituer un terminus ! Certes, l'importance et la durée du chantier occasionneront des désagréments non négligeables aux riverains (dont nous sommes). Mais, le CEVA sera une réponse bienvenue aux problèmes de mobilité ; de plus, il permettra l'ouverture et le développement de la région genevoise. Avec une bonne communication aux niveaux politique et technique, gageons que l'enthousiasme populaire sera aussi au rendez-vous.

Ce genre de projet transnational doit être facilité par notre future Constitution, en donnant à nos autorités les outils juridiques permettant de concevoir et réaliser des projets d'envergure dans des délais aussi courts que possible. Outre les procédures de concertation (dont nous parlons dans un autre article de ce blog), la future Constitution genevoise devra favoriser la coopération transfrontalière, notamment en inscrivant dans la Constitution la création d'un organisme juridique coiffant tout Groupement local de coopération transfrontalière (GLCT) et en donnant le mandat exprès aux autorités de promouvoir la coopération transfrontalière. Genève doit apprendre à oser !

21:27 Publié dans Développement durable, Genève, Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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